Le réservoir du lac Kénogami fournit de l’eau potable à plus de 120 000
personnes, d’où l’importance de conserver une qualité d’eau exceptionnelle. Cependant, une étude réalisée entre 2008 et 2011 par le ministère du Développement Durable, de l’Environnement et des Parcs démontre que le lac a atteint le niveau trophique oligo-mésotrophe. Cela indique que le processus vers l’eutrophisation est débuté. Il est donc essentiel de ralentir ce processus par la mise en oeuvre d’actions concrètes pour préserver la qualité de l’eau. La diminution de la quantité de matières nutritives rejetées dans le lac est une solution. En effet, les éléments nutritifs, dont le phosphore, sont présents naturellement dans les lacs et rivières. Cependant, lorsque ceux-ci sont rejetés en trop grande quantité, ils favorisent la prolifération des fleurs d’algues bleu-vert et contribuent à l’eutrophisation des plans d’eau. Ces éléments nutritifs proviennent, entre autres, des environnements riverains colonisés par l’homme. Une bande riveraine dénudée de végétation ne joue plus son rôle de « filtre naturel » et laisse aller dans le plan d’eau beaucoup d’éléments nutritifs qui normalement seraient absorbés par les végétaux. Les algues bleues jouent un rôle essentiel dans l’équilibre écologique de certains milieux aquatiques, mais lorsqu’elles se multiplient démesurément, elles peuvent alors produire de grandes quantités de toxines, lesquelles représentent un danger potentiel pour la santé publique.
La rivière Chicoutimi, longue de 26,3 km, est, quant à elle, le principal exutoire du lac Kénogami et un des cours d’eau les plus urbanisés et endigués au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Trois usines de filtration traitent et distribuent l’eau potable sur le territoire de la Ville de Saguenay, dont deux s’alimentent en eau de surface sur la rivière Chicoutimi. Elle compte en plus six barrages, dont deux centrales hydroélectriques en fonction.
À l’été 2013, l’Organisme de bassin versant du Saguenay (OBV Saguenay) a fait le portrait du couvert végétal des bandes riveraines de la rivière Chicoutimi à partir de photos-aériennes datant de 2010. Ce portrait a permis de cibler les secteurs de la rivière Chicoutimi où les bandes riveraines sont dans un état critique.
Objectif principal du projet :
Diminuer la quantité d’éléments nutritifs rejetés dans le lac Kénogami, réservoir d’eau potable de la Ville de Saguenay et dans son principal exutoire, la rivière Chicoutimi.
Objectifs spécifiques :
- Revégétaliser les bandes riveraines de 50 terrains le long du lac Kénogami (arrondissement Chicoutimi) et de la rivière Chicoutimi;
- Sensibiliser les riverains aux différentes problématiques (eutrophisation des plans d’eau et prolifération des algues bleu-vert)
Buts :
- Conserver une eau potable de bonne qualité dans le réservoir du lac Kénogami et la rivière Chicoutimi pour les citoyens de la Ville de Saguenay;
- Ralentir le processus d’eutrophisation du lac Kénogami;
- Prévenir l’apparition de fleurs d’algues bleu-vert.
Partenaires :
Ce projet s’inscrit dans le cadre du Plan algues bleu-vert de la Ville de Saguenay, coordonné par l’Organisme de bassin versant du Saguenay, et est rendu possible grâce à l’appui financier du gouvernement du Canada agissant par l’entremise du ministère fédéral de l’Environnement et de la Ville de Saguenay.
Bilan du projet
Les objectifs de départ du projet ont été atteints. En effet, il y a eu une campagne de sensibilisation de la population très efficace : 35 personnes ont assisté aux séances d’information et 214 propriétaires riverains ont été rencontrés individuellement. C’est donc 249 adultes qui ont été directement sensibilisés aux impacts négatifs de certaines actions posées sur les rives des plans d’eau et aux bons comportements à adopter pour conserver une eau et un habitat faunique de qualité.
EURÊKO! a ensuite effectué la caractérisation et la plantation de végétaux au niveau de la bande riveraine de 53 propriétés : 45 le long de la rivière Chicoutimi, sept dans la Baie Gélinas et une dans la Baie Dufour au lac Kénogami. Au total, ce sont 6 711 plants qui ont été mis en terre et 8 664 m2 de bande riveraine qui ont été revégétalisées en 2013 et 2014.
Le taux de survie des plants mis en terre en 2013 a également été très satisfaisant. En effet, 89 % des plants ont survécu au premier hiver, ce qui démontre que la sélection des végétaux adaptés à notre climat nordique et à l’environnement des bandes riveraines est excellente.
Le cahier du riverain personnalisé, qui a été envoyé à chacun des propriétaires suite à la plantation, est une excellente innovation au projet. Ce cahier permet de synthétiser l’information en quelques pages et ce, de façon imagée et vulgarisée. De plus, la touche personnalisée fera en sorte que les gens le conserveront à titre de référence. EURÊKO! a eu de très bons commentaires de la part de certains riverains qui ont grandement apprécié de recevoir leur cahier.



